Le Cajón Afro PéruvienRafael Santa Cruz CastilloPrésentation de Raúl R. Romero Cevallos L’étude des instruments musicaux au Pérou en est encore à ses débuts. C’est le cas en particulier d’instruments comme le cajón, qui, bien que d’origine récente, est devenu un symbole national. Tout comme le charango et les zampoñas à leur époque, le cajón afropéruvien (comme le dénomme l’auteur de cet important ouvrage) dépasse les frontières des genres musicaux qu’il accompagne, pour se convertir en un icône culturel non seulement de la communauté afro péruvienne, mais également de la communauté considérée « criolla » et réclamé par les péruviens comme patrimoine culturel. Le cajón péruvien arrive, comme le démontre clairement l’auteur, à se répandre au-delà du Pérou, et c’est dans ces circonstances que son caractère clairement nationaliste a pu s’apprécier. Une sorte de débat national a surgi ces dernières années au cours duquel, tout comme dans la cas du pisco péruvien, la « pérouanité » du cajón est réclamée face à son utilisation dans la musique espagnole flamenca – ce qui a provoqué que beaucoup d’aficionados considère le cajón comme un instrument espagnol (tout comme énormément de consommateurs pensent que le pisco est d’origine chilienne). En ce sens, c’est un danger pour tout chercheur de s’engager sur la voie insoluble des origines des biens culturels : en général, c’est un sujet d’étude qui n’a pas de solution. Presque tous les objets culturels ont été inventés ou découverts de manière parallèle, ou ont été l’objet de prêts culturels depuis des temps immémoriaux, transformés, mutilés ou enrichis au cours du processus, et, pour autant, impossible de suivre la piste à l’heure actuelle. De manière très habile, Rafael Santa Cruz Castillo a évité de tomber dans ce piège en reconnaissant et incluant dans cet important ouvrage un chapitre sur l’existence du cajón à Cuba, un sur son existence en Espagne et enfin au Pérou. C'est-à-dire que l’auteur fait abstraction de tout chauvinisme culturel pour reconnaître de manière claire que ledit cajón n’est pas une invention absolue des péruviens (étant donné qu’à Cuba il s’utilise également, avec beaucoup de variantes), mais affirme formellement que c’est au Pérou que le cajón a planté ses racines culturelles les plus profondes, dans les communautés afro péruviennes et « criollas », et que c’est là, précisément, qu’il a été décidé de l’élever au rang « d’instrument national ». Une fois cette précision faite, ce livre se convertit en un passage obligé pour tout lecteur intéressé par l’histoire du cajón péruvien. Il ne présente pas un discours nationaliste, ni ne lit l’histoire du cajón avec des yeux régionalistes. C’est encore moins une étude classique du folklore, champ dans lequel prédomine les visions romantiques et sentimentales. L’objectivité de l’œuvre de Rafael Santa Cruz est louable et c’est là l’une de ses principales vertus. Mais ce n’est pas la seule, étant donné que Le cajón afro péruvien ne se limite pas à l’histoire documentée de l’instrument mais comprend une section technique sur l’interprétation, et plusieurs transcriptions à titre d’exemple. C’est donc un livre pour tous les goûts ; l’académique intéressé par l’apport de la musique populaire à l’histoire de la culture péruvienne y trouvera les informations nécessaires pour contextualiser ledit cajón péruvien ; l’aficionado intéressé par la pratique culturelle et musicale du cajón y trouvera non seulement l’information historique exacte sur l’instrument, mais également les règles nécessaires pour s’initier, se perfectionner et mettre en perspective l’exercice musical. Il me reste finalement à dire que je me considère privilégié de pouvoir écrire ces quelques lignes sur Le cajón afro péruvien car, en plus des vertus décrites auparavant, c’est la première étude qui se publie sur ce sujet. En ce sens, c’est un livre qui donnera la juste direction pour que d’autres chercheurs s’animent à investiguer et écrire sur les instruments et les genres musicaux péruviens, qui jusqu’à ce jour restent dépourvus d’études par manque d’intérêt des institutions nationales pour l’étude sérieuse et académique de notre culture populaire. Rafael Santa Cruz a eu non seulement une initiative louable mais également une vision du futur qui, espérons ouvre les portes à d’autres études similaires. Le cajón afro péruvien fera sans aucun doute date dans les études de la musique péruvienne. Pour la première fois paraît un livre, avec CD multimédia, dans lequel est relaté de manière intégrale la présence du cajón au Pérou et dans d’autres pays. Rafael Santa Cruz, héritier d’une tradition familiale qui a donné de brillants représentants, nous livre un travail de grand niveau. De lecture facile, et sans technicismes, adapté à tout public, aficionados et professionnels, Le cajón afro péruvien inclue histoire, photos, gravures, patrons rythmiques en partitions, exercices, glossaire, conseils, etc. Ce travail est complété par un CD multimédia qui contient des explications, en audio et en image, sur les manières de jouer l’instrument, sa construction, les rythmes de bases, etc. Santa Cruz a fait de cet ouvrage un hommage au cajón péruvien. Il corrobore ainsi que cet instrument est le produit de la résistance culturelle des afro descendants, reconnu comme patrimoine culturel du Pérou, aujourd’hui universalisé.
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Esta página es de Rafael Santa Cruz quien es autor del libro y cd-rom " El Cajón Afroperuano" Si tienes sugerencias escribirlas a rafael@cajonperuano.org © 2006 Cajón Peruano. Todos los Derechos Reservados. Diseño y desarrolo: Andrés Zenteno, www.zenteno.org Hosting y servicio de internet: Virtual Service Peru SAC, www.vsp.com.pe |